lundi 22 décembre 2014

Vingt-quatre grands moments de 2014 pour les militants d’Amnesty International

2014 fut une année incroyable pour les droits humains. Voici quelques-uns des moments phares de cette année, rendus possibles par les militants d’Amnesty International comme vous, qui ont fait pression et se sont faits entendre.





 1. Ensemble, nous avons obtenu la modification de la loi sur le viol au Maroc 

La famille d’Amina Filali, au Maroc. © REUTERS
 Le Parlement marocain a voté à l’unanimité la modification de la loi sur le viol, afin que les violeurs ne puissent plus se soustraire à la justice en contraignant leurs victimes à les épouser. Ce vote a fait écho à la campagne menée sans répit en faveur de la famille d’Amina Filali (sur la photo), qui s’est suicidée en mars 2012 après avoir été contrainte par la loi d’épouser un homme qui, selon elle, l’avait violée. Des lois analogues sont toujours en vigueur en Tunisie et en Algérie, et nous poursuivons notre lutte pour les faire changer dans le cadre de notre campagne Mon corps, mes droits.

 2. Nous avons défendu les droits humains à l’approche des Jeux olympiques de Sotchi

À Moscou, une ballerine danse pour protester contre la répression de la liberté d’expression en Russie. © Denis Bochkarev & Genia Rakina

 À l’approche des Jeux olympiques d’hiver de Sotchi, le 7 février, plus de 336 000 sympathisants d’Amnesty International de 112 pays se sont exprimés en faveur des droits humains en Russie. Ensemble, nous avons demandé au président Vladimir Poutine de mettre un terme à la répression de la liberté de parole et d’expression dans le pays.

 3. Nous avons dit non au projet de loi contre l’homosexualité en Ouganda 

À Londres, des militantes remettent les signatures de 86 169 personnes à la Haute commission de l’Ouganda pour demander l’abandon du projet de loi contre l’homosexualité © Azmina Dhrodia/Amnesty International   

 Les militants d’Amnesty International ont pris part à une journée mondiale d’action afin de protester contre un projet de loi discriminatoire contre l’homosexualité en Ouganda. Plus de 86 000 personnes ont signé une pétition appelant le président Yoweri Museveni à opposer son veto à ce projet de loi. Il a été déclaré nul et non avenu en août – une grande victoire pour les militants. Nous espérons que cette avancée se traduira par de réelles améliorations dans la vie des lesbiennes, gays, bisexuels, transgenres et intersexués (LGBTI) en Ouganda. Depuis trop longtemps, ils sont pris au piège d’un cercle vicieux marqué par la discrimination, les menaces, les atteintes aux droits humains et l’injustice.

 4. Nous étions tous #AvecLesSyriens

«Petite fille au ballon rouge», Moscou, mars 2014. © Ivan Proskuryakov
 Des milliers de militants se sont rassemblés dans plus de 40 pays afin de marquer le 3e anniversaire du conflit en Syrie. Nous avons allumé des bougies, lâché des ballons rouges et réclamé de l’aide pour tous les Syriens dans le besoin. En avril, Amnesty International a remis aux membres du Conseil de sécurité de l’ONU plus de 140 000 signatures, pour demander qu’il soit mis fin sans attendre à la souffrance des populations assiégées en Syrie.

 5. Nous nous sommes rapprochés de la vérité au Sri Lanka 

Remise de la pétition Dites la vérité au gouvernement sri-lankais, au Conseil des droits de l’homme des Nations unies, à Genève. © Amnesty International

 L’ONU a voté la tenue d’une enquête indépendante sur les crimes commis par les forces gouvernementales et les groupes armés à la fin de la guerre qui a déchiré le Sri Lanka. Cela faisait plusieurs années qu’Amnesty réclamait cette mesure, notamment via la campagne #DitesLaVérité. L’enquête de l’ONU relance l’espoir pour des milliers de victimes de torture, d’enlèvement et d’autres atteintes aux droits humains.

 6. Hakamada Iwao a été libéré après avoir passé 45 ans derrière les barreaux

La Fédération de boxe de l’est du Japon a décerné, à titre honorifique, une ceinture de champion du monde à Iwao Hakamada peu après sa libération. © Amnesty International

 Iwao Hakamada, 78 ans, a été libéré au Japon à la suite d’une campagne intense menée notamment par Amnesty International. Il avait passé la majeure partie de sa vie à attendre d’être exécuté, après avoir été déclaré coupable de meurtre en 1968. Au mois de mars, le tribunal a annulé sa condamnation à mort et ordonné la tenue d’un nouveau procès, laissant entendre que les preuves contre Iwao Hakamada avaient été falsifiées. Son affaire rappelle avec force la nécessité d’abolir la peine de mort partout dans le monde.

 7. Nous avons tous affirmé : «Mon corps, mes droits»

Une militante d’Amnesty en Belgique. © Eva Joos

En avril, pas moins de 280 000 personnes de par le monde ont demandé à leurs gouvernements de protéger les droits des jeunes en matière de sexualité et de reproduction dans le cadre de notre nouvelle campagne Mon corps, mes droits. Le secrétaire général d’Amnesty International Salil Shetty a remis vos signatures au secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, à la veille d’une session de l’ONU à New York.

 8. Nous avons donné un «carton jaune» au Brésil

© Amnesty International
 Plus de 100 000 sympathisants d’Amnesty International ont donné au Brésil un carton jaune à l’approche de la Coupe du monde de football en juillet, pour rappeler au gouvernement que manifester n’est pas un crime. En effet, de grands rassemblements publics contre le coût de cette Coupe du monde se sont heurtés à la force excessive employée par la police, qui a utilisé des gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc.

 9. Nous avons continué d’exercer des pressions en République centrafricaine

Le père de Constant Yaonomo, 24 ans, nous montre une photo de son fils décédé et celle d’un autre de ses fils, plus jeune, blessé par une grenade dans la même attaque en République centrafricaine. © Amnesty International
 Plus de 67 000 personnes ont signé notre pétition afin de protéger les civils en République centrafricaine. Nous étions aux côtés de la famille de Constant Yaonomo (sur la photo que tient son père), qui a été tué lors d’une attaque à la grenade. Nous avons remis toutes vos signatures aux autorités américaines au mois de mai, leur demandant d’appuyer une mission solide de maintien de la paix de l’ONU. Tout au long de l’année, nous avons mis l’accent sur la crise des droits humains que traverse le pays, notamment sur les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité.

 10. Le militant Ales Bialiatski a été libéré au Bélarus

Ales Bialiatski. © RFE/RL

 Ales Bialiatski, militant bélarussien des droits humains figurant dans l’édition 2013 de notre campagne Écrire pour les droits, a été libéré en juin après presque trois ans passés derrière les barreaux. Ales, qui attribue sa libération à la campagne des militants d’Amnesty, a déclaré : « Ce qui a vraiment pesé dans la balance, ce sont les lettres que m’écrivaient de simples citoyens, et je voudrais remercier tout particulièrement vos militants pour cela. »

11. Nous avons lancé la campagne Stop Torture

Des militants d’Amnesty participent à une journée d’action pour stopper la torture. © Amnesty International
 Partout dans le monde, les militants d’Amnesty International sont descendus dans la rue lors de la Journée internationale pour le soutien aux victimes de la torture, dans le cadre de notre campagne Stop Torture. Une enquête d’Amnesty International a révélé que 44 % des habitants de la planète ont peur d’être torturés en cas de détention. Lors du lancement, près de 350 000 personnes de 117 pays ont signé une pétition réclamant justice pour Claudia Medina, victime de torture au Mexique.

12. Nous avons aidé une communauté indigène du Paraguay à obtenir justice

© Julio Callizo pour Amnesty International Paraguay
 Le 11 juin, le président paraguayen Cartes a promulgué un projet de loi qui prévoit la restitution de plus de 14 000 hectares de terres ancestrales à la communauté indigène des Sawhoyamaxas. Ce fut une immense victoire pour les familles qui se battent pour leurs droits depuis plus de 20 ans.

 13. Meriam Ibrahim a échappé à son exécution

© AFP/Getty Images
 Meriam Ibrahim, une femme chrétienne condamnée à mort au Soudan, a enfin été libérée en juin et a atterri en Europe en juillet. Plus d’un million de personnes dans le monde se sont associées à notre appel en faveur de sa libération. Meriam était accusée d’« apostasie » pour s’être déclarée chrétienne alors que son père était musulman et d’« adultère » pour avoir épousé un chrétien. Elle était enceinte de huit mois lorsqu’elle a été inculpée et a dû accoucher alors qu’elle était enchaînée.

 14. Nous avons défendu la démocratie avec les manifestants à Hong Kong

Manifestation en faveur de la démocratie à Hong Kong, 1er juillet 2014 © Amnesty International
 Selon les estimations, 510 000 personnes ont pris part à un rassemblement le 1er juillet, pour célébrer le 17e anniversaire de la passation de Hong Kong à la Chine. Des centaines d’entre elles ont été arrêtées et 25 manifestants impliqués dans l’organisation du sit-in ont fait l’objet d’enquêtes. Les militants d’Amnesty International dans le monde font pression sur le gouvernement de Hong Kong pour qu’il cesse d’engager des poursuites contre les manifestants pacifiques.

 15. Un manifestant de la place Bolotnaïa a été libéré en Russie

© Amnesty International
 Mikhaïl Kossenko a été libéré d’une unité psychiatrique fermée, deux ans après avoir été incarcéré pour son rôle dans les manifestations antigouvernementales largement pacifiques qui se sont déroulées à Moscou, en Russie. Les sympathisants d’Amnesty International ont mené une campagne vigoureuse en sa faveur. Cependant, la condamnation de Mikhaïl n’ayant pas été annulée, il risque d’être de nouveau enfermé pour une transgression réelle ou mensongère.

16. La condamnation à mort de Li Yan a été annulée en Chine

Une manifestante devant le tribunal populaire supérieur de la province du Sichuan, en Chine. Il est écrit «Je ne veux pas être la prochaine Li Yan». © Gender Equality Advocacy and Action Network

 Lors d’une décision historique, la Cour populaire suprême a annulé la condamnation à mort de Li Yan pour l’homicide de son époux violent, après des mois de graves violences conjugales. Cette décision a fait suite à une forte pression exercée par les militants du monde entier.

17. Nous avons demandé un embargo sur les armes à destination d’Israël et de Gaza

En Islande, des militants demandent au gouvernement des États-Unis de faire cesser les transferts d’armes à destination d’Israël. ©

 Les habitants d’Israël et des territoires palestiniens occupés ont terriblement souffert durant le conflit à Gaza. Une grande partie des armes qui ont servi aux violences et aux destructions provenait de fournisseurs étrangers. C’est pourquoi nous avons demandé à l’ONU d’instaurer immédiatement un embargo sur les armes à destination d’Israël, du Hamas et des groupes armés palestiniens à Gaza. En 2015, nous mettrons l’accent sur la nécessité d’amener les deux camps à rendre des comptes pour les violations du droit international

18. Nous avons lutté contre la loi anti-avortement au Salvador

Image extraite d’un court-métrage d’animation réalisé par Amnesty International pour attirer l’attention sur les conséquences de la loi salvadorienne contre l’avortement. © Amnesty International
 Les femmes et les jeunes filles issues des campagnes salvadoriennes se sont associées aux militants d’Amnesty International dans le monde pour réclamer la fin de l’interdiction totale de l’avortement dans le pays. Des groupes de jeunes ont donné des pièces de théâtre, prononcé des discours passionnés et joué des morceaux de musique consacrés à 17 femmes emprisonnées pour des questions liées à la grossesse.

19. Ángel Colón, victime de tortures, a été libéré 

© Amnesty International

Ángel Colón a été remis en liberté en octobre, presque six ans après avoir été torturé et emprisonné à tort au Mexique. Des milliers de sympathisants d’Amnesty International ont demandé sa libération dans le cadre de notre campagne Stop Torture. Ángel Colón a déclaré : « Je souhaite faire passer un message à tous ceux qui se montrent solidaires avec moi, et se positionnent contre la torture et la discrimination : ne baissez pas la garde. Un nouvel horizon se profile. Je me réjouis de ce qui arrive. »

20. Malala Yousafzai a été récompensée par le Prix Nobel de la paix

© Amnesty International
 Le prix Nobel de la paix 2014 a été décerné à Malala Yousafzai, défenseure du droit à l’éducation et lauréate du prix Ambassadeur de la conscience d’Amnesty International, et à Kailash Satyarthi, un Indien qui défend les droits des enfants. « Le travail que mènent Kailash Satyarthi et Malala Yousafzai incarne le combat de millions d’enfants dans le monde, a déclaré Salil Shetty, secrétaire général d’Amnesty International. C’est une récompense pour les militants des droits humains qui se consacrent entièrement à la défense de l’éducation et des droits des enfants les plus vulnérables du monde. »

21. Nous avons fait un pas de géant pour le contrôle des armes

En Suisse, des militants d’Amnesty réclament un traité sur le commerce des armes, en juin 2012. © Valérie Chételat
 À la mi-décembre, 60 pays avaient ratifié le Traité sur le commerce des armes. Ces règles sur les ventes internationales d’armes, qui vont permettre de sauver des vies humaines, vont donc entrer en vigueur le 24 décembre 2014. Cela récompense les efforts de militants comme vous qui font campagne sans relâche depuis plus de 10 ans pour ce traité.

22. Nous avons réclamé justice pour les victimes de la fuite de gaz toxique de Bhopal

Des militants à Bhopal, novembre 2014. © Giles Clarke / Reportage de Getty
 Il y a 30 ans, en décembre, 10 000 personnes sont mortes en trois jours en raison de la fuite de gaz toxique d’une usine de pesticides de Bhopal, en Inde. Les militants d’Amnesty International du monde entier ont exprimé leur solidarité avec les habitants de Bhopal, qui ont défilé pour réclamer justice le jour de l’anniversaire. Le gouvernement indien doit encore dépolluer le site et s’assurer que les entreprises responsables rendent des comptes.

23. Nos mots ont changé des vies

© Amnesty Pays-Bas
 Jeunes ou vieux, les militants d’Amnesty International ont écrit plus d’un million de messages, de courriels et de lettres dans le cadre de la campagne Écrire pour les droits, notre marathon international de lettres. Des militants dans plus de 100 pays ont organisé toutes sortes d’actions – écriture de lettres aux Pays-Bas (photo), soirée pyjama de 24 heures au Chili, évènement pour les droits humains qui a duré toute la nuit au Burkina Faso, et interview en direct d’Edward Snowden en France. Ensemble, ces actions vont favoriser le changement en termes de droits humains.

24. Nous avons fait un premier pas pour mettre fin à la torture aux Philippines

© Jepie Papa / Amnesty International

Notre rapport a révélé que toute personne ou presque arrêtée par la police aux Philippines risque d’être torturée. Les militants d’Amnesty International ont financé quatre panneaux d’affichage dans différentes villes à travers le pays, afin de mettre en lumière le fait que la torture peut arriver à tout le monde et n’est pas sanctionnée. Peu de temps après, le Sénat des Philippines a annoncé l’ouverture d’une enquête sur la « torture généralisée pratiquée par la police ». Une première mesure bienvenue dans la campagne Stop Torture.

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