dimanche 19 janvier 2014

Une star du rugby se bat pour les droits humains en Russie


David Pocock, troisième ligne aile de l’équipe nationale australienne de rugby. © Amnesty International
Lettre ouverte de David Pocock, joueur de légende de la Fédération australienne de rugby à XV, qui a rejoint la campagne d'Amnesty International visant à mettre un terme à la discrimination contre les lesbiennes, les gays et les personnes bisexuelles, transgenres ou intersexuées (LGBTI) en Russie avant les Jeux olympiques d'hiver de cette année.

David Pocock est sans doute l'une des célébrités sportives les plus populaires et les plus accomplies d'Australie. Les passionnés de sport le connaissent en tant que troisième ligne aile, à la fois au sein de l'équipe des Brumbies et de l'équipe nationale australienne de rugby à XV, les Wallabies.


Quant à ceux qui ne s'intéressent pas au sport, il se peut qu'ils le connaissent et le respectent pour une autre raison. En effet, malgré son agenda sportif extrêmement chargé et ses engagements auprès de deux grandes équipes de rugby, David Pocock prête également sa voix à des personnes qui ne sont pas toujours en mesure de s'exprimer pour se défendre et de jouir des mêmes droits que les autres.

Il se sert fièrement de sa célébrité pour défendre les personnes LGBTI et réclamer la reconnaissance juridique de leurs droits fondamentaux, non seulement en Australie mais aussi dans le monde entier.

Il est, en outre, de notoriété publique qu'il refuse d'épouser Emma, sa compagne depuis longtemps, tant que le mariage entre personnes du même sexe ne sera pas une réalité en Australie. Et maintenant, il prête ses mots et son nom à la campagne d'Amnesty International visant à mettre un terme à la discrimination dont sont victimes les personnes LGBTI en Russie.

Il explique pourquoi ici, dans cette lettre ouverte, pour Amnesty International :

Chers sympathisants et sympathisantes d'Amnesty,

IMAGINEZ que votre pays ait des lois qui, au lieu de vous protéger, encouragent les violences commises à votre encontre par des groupes d'autodéfense.

IMAGINEZ que votre gouvernement, au lieu de défendre votre liberté, érige en infraction votre identité même.

IMAGINEZ que votre chef d'État, au lieu de vous représenter, encourage les autres à vous haïr, uniquement en raison de la personne que vous aimez.

Je m'appelle Dave, je joue au rugby pour les Wallabies australiens. Comme beaucoup de gens, j'ai hâte de voir les meilleurs athlètes mondiaux s'affronter le mois prochain, à l'occasion des Jeux olympiques d'hiver de Sotchi, en Russie. Mais je suis aussi profondément inquiet.

Le président russe, Vladimir Poutine, a signé des lois qui rendent dangereux, pour les couples de personnes du même sexe, le simple fait de se montrer tels qu'ils sont. Des lesbiennes, des gays et des personnes bisexuelles, transgenres ou intersexuées (LGBTI) sont agressés et harcelés et les autorités ne se contentent pas de ne pas enquêter sur ces atteintes motivées par la haine, elles incitent à les commettre.

En Australie, plusieurs expressions affirmant le principe d'égalité des chances dans le sport sont entrées dans le langage de tous les jours, fruits de notre histoire d'amoureux du sport. À l'approche des Jeux olympiques, il est temps pour nous de faire de ces expressions autre chose que des devises et de nous battre pour ce qui est juste.

En Russie, il est certain que les personnes LGBTI ne bénéficient pas de l'égalité des chances, leur identité même étant considérée comme une infraction. Des lois homophobes prévoient des amendes pour les individus et les organisations accusés de faire la « propagande des relations sexuelles non traditionnelles ».

Pour les Jeux olympique, la communauté internationale tourne son attention vers la Russie. C'est le moment de mettre en évidence la répression dont est victime la communauté LGBTI et de soulever des questions sur un monde qui permet à ces discriminations de perdurer.

Les autorités russes refusent régulièrement d'autoriser les personnes LGBTI à organiser des événements médiatiques, comme des marches des fiertés. À au moins six reprises l'an dernier, des militants ont été violemment attaqués pendant des manifestations pacifiques à Moscou et Saint-Pétersbourg. Les auteurs des attaques n'ont fait l'objet d'aucune sanction malgré les nombreuses photos et vidéos prouvant les faits.

Mais ce n'est pas tout. Ces deux dernières années, la Russie a adopté des lois qui empêchent les gens de jouir de toutes sortes de libertés.

Des membres du groupe punk Pussy Riot ont été condamnées à deux ans de prison après avoir chanté dans une église une chanson critiquant Vladimir Poutine. Plus récemment, 30 militants de Greenpeace ont été arrêtés et inculpés de « houliganisme » pour avoir dénoncé la destruction environnementale en Arctique. Il y a même eu une répression contre les organisations de défense des droits humains, comme Amnesty, qui est désormais obligée de s'enregistrer en tant qu'« agent étranger » sous peine d'être condamnée à une amende ou fermée.

Comme Amnesty, je pense que le fait d'accueillir les Jeux olympiques est un privilège. Le respect des droits et des libertés de chacun doit être exigé de tout pays hôte.

Signez la pétition d'Amnesty pour rappeler à M. Poutine que le monde l'observe. La Russie doit défendre l'idéal olympique de la dignité humaine.

Merci de prendre le temps d'aider,

David Pocock
@pocockdavid

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